24/04/13 – llego a la selva

je choisis un moment épique pour arriver au lieu de mon volontariat a Rurrenabaque : pendant que je suis encore sur le continent a prendre le petit déjeuner avec une jeune anglaise, un des deux organisateurs a un accident grave et se sectionne le muscle du bras avec une scie. après avoir échappé a la faucheuse par un cheveu, il est envoyé a la paz en avion. je debarque donc sur lancienne plantation de fruits  pour rencontrer sa compagne dans un etat second, qui apres quelques jours mannonce que je ne peux pas rester sur leur terrain pour des questions dassurance et de securite. je refais mon sac et pars pour la communaute indigene oú je donne des cours danglais, pour voir si il peuvent maccueillir.

llego a un momento épico al lugar de mi voluntariado en Rurre : mientras estoy desayunando en el otro lado del río con una joven inglesa, uno de los dos encargados del proyecto se corta el brazo con una sierra electrica. despuès de escapar a la muerte por milagro le mandan a la paz en avión. llego en una antigua plantación de fruta a encontrar su novia, que está algo traumatizada, y que después de unos días me dice que no me puedo quedar mas por motivos de seguridad. armo de nuevo la mochila y  voy a donde la communidad indigena donde doy cursos de inglès, a ver si me pueden hospedar.

j´arrive ici, et je pense a nouveau a cet uruguayen avec qui nous rêvions d´un lien oú vivre pieds nus. cet endroit je l´ai enfin trouvé, une fois intégrées les regles simples de la hierarquie de la jungle : par exemple, il faut toujours céder le passage aux fourmis, des plus minuscules aux bunas de presque 6cm, dont la morsure provoque une douleur presque aussi intense que celle provoquée par un serpent. les touristes viennent ici pour ce qu´ils appellent le silence, mais le meilleur est qu´á l´oreille, on peut deviner l´heure. les instruments de chaque minute sont les radios avec leurs chansons sentimentales, messages du maire et annonces de funerailles, les coqs qui chantent o miracle juste avant laurore comme le prétend la légende,  les insectes de jour et de nuit, les poulets qui se battent et fuient les cochons, le ronronnement des générateurs lorsqu´arrive la nuit, les chauve-souris se cognant contre les murs, les oiseaux et les chiens, les moteurs des bateaux sur le fleuve, le chant de la machette, le crépitement du feu aux heures de repas et les cris des enfants. quand jarrive ce sont mes élèves qui me prennent par la main et me montrent chaque plante, chaque fruit du village entier, me faisant repeter des noms que joublie immédiatement et leurs propriétés médicinales. dans la salle de classe, ce sont des enfants  comme les autres, écoutants enchantés ce que leur dit cette étrange gringa qui vient daterrir dans leur existence, et oubliant tout dès que sonne la cloche de fin de cours. avec bonne humeur et patience nous cohabitons bien, nous aprenons a nous connaître. quand je vais me baigner avec eux dans les rivières ils ont la tête pleine de contes de serpents a sept têtes qui vit au fond du fleuve beni, mélangeant ce qu´ils ont vu aux infos avec ce qu´ils ont vécu hier (“un avion est tombé ici! une aile a failli détruire l´école!”) et éxagérant beaucoup la taille des tigres. quand la nuit tombe a six heures, il faut sortir les lampes torches pour circuler : j´ai passé une journée avec un gamin jouant à crier ” un serpent!”, cette nuit-là on a bien failli mettre le pied sur une vipère. l´obscurité paraît les impressioner beaucoup, aux adultes aussi, quand ils apprennent que je vais passer quelques nuits seule dans une maison, tous me demandent si j´ai peur sans qu´un seul puisse me dire de quoi. de nuit se racontent des histoires d´anacondas géants qui sortent dans le fleuve a deux heures du matin, d´animaux mythiques, mi-oiseau mi-squelette, et de tombes très anciennes sur la plage, qui laissent échapper quelques ossements et plats de terre cuite lorsque montent les eaux en saison des pluies.
llegando acá, pienso de nuevo en un uruguayo con quién soñamos en un lugar donde podríamos vivir descalzos. este lugar ya lo encontré, una vez que se aprende las reglas simples de hierarquía de la selva : por ejemplo, siempre se deja pasar a las hormigas, de las minúsculas hasta las bunas de unos 6cm, que provocan un dolor casi tan fuerte como las serpientes. los turistas vienen acá por lo que ellos llaman el silencio, pero lo mejor es que con el oído solo se puede adivinar la hora del día. los instrumentos de cada minuto son las radios con canciones sentimentales, mensajes del alcalde  y anuncios de funerarios, los gallos que por primera vez en mi vida oigo gritar antes del amanecer como lo que deberían siempre, los insectos de día y de noche, las gallinas peleando y huyendo de los chanchos, el ronco de los generadores de electricidad de noche, los murciélagos chocando contra las paredes, los pájaros y los perros ladrando, los motores de barcos en el río, el ruido del machete, el susurro del fuego a horas de comer y los gritos de los niños.  cuando llego son mis alumnos que me cogen por la mano y me muestran cada planta, cada fruta de todo su pueblo, haciéndome repetir nombres que olvido enseguida y sus propriedades medicinales. en la clase los niños son como todos los demás, escuchando encantados la gringa rara que acaba de aparecer en su vida, y olvidando todo después de que toquen la campana. con buen humor y paciencia cohabitamos bien, conociéndonos mejor. cuando voy a bañarme con ellos en los ríos tienen la cabeza llena de cuentos de serpientes con siete cabezas viviendo en el río, mezclando lo que vieron en las noticias con lo que vivieron ayer (“se cayó un avión acá mismo! un trozo de ala casi destruyo la escuela!”) y exagerando de mucho el tamaño de los tigres. cuando anochece a las seis de la tarde, hay que sacar linternas para caminar : pasamos un día jugando en un arroyo con un niño jugando a gritar “una serpienteee!”, de noche casi pisamos una de verdad. la oscuridad parece darles mucho miedo, a los adultos igual, y cuando aprenden que me voy a quedar en una casa solita un par de noches, todos me preguntan si tengo miedo, sin poder decirme de qué. de noche se cuentan historias de anacondas gigantes que salen al río a las dos de la mañana, de animales míticos medio pájaro medio esqueleto y de tumbas ancianas en la playa que dejan escapar a unos huesos y platos de tierra cuando suben las aguas.

la communauté quittent ses chaumières pour descendre en barque au marché, à vendre des papayes, bananes, yuca, oranges cacao, pain de riz et poissons… les gens me demandent beaucoup quels fruits et légumes il y a dans mon pays. je suis les autres dans le cycle d´aller chercher le cacao, le faire sécher trois jours et lamener jusquen ville. je les écoute parler de leur capacité a porter un quintal sur le dos, mais que deux quintals cest vraiment lourd. je me rends soudainement compte que je pèse a peine plus d`un quintal. mes mains se font plus dures avec le travail de la machette.
la comunidad sale de sus hogares para bajar en barco al mercado a vender papaya, plátano  yuca  naranjas, cacao, pan de arroz, pescado …  la gente me pregunta mucho qué tipo de fruta y verdura hay en mi país. sigo los demás en el ciclo de ir a recoger el cacao, hacerle secar durante tres días y llevárselo hasta la ciudad. les escucho hablar de su habilidad a llevarse un quintal en la espalda, pero que dos quintales sí que son mucho. pienso de repente que ahorita, yo peso poco mas que un quintal. mis manos se ponen mas duros con el contacto con el machete.

la vie dans le village est un quotidien de femmes. les hommes travaillent en ville et rentrent seulement de nuit ou en fin de semaine. je pense a l´épifanie vécue par jack kerouak en arrivant a la jungle mexicaine, a l´envoûtement que lui avaient inspiré la beauté particulière des indigènes. je me sens tout aussi fascinée par les corps trapus et musclés et sourires dorés des femmes toujours au travail, du champ au four, qui sèment et récoltent et élèvent les gosses. la vingtaine de membres de la communaute se réunit pour prendre les décisions importantes ensembles, comme celles de oú je vais dormir pendant ce mois, si il faut acheter un sèche-chocolat commun pour le village et que faire pour la grande fête des 50 ans de la communauté. la notion de partage est appliquée ici a la lettre, comme dans le conte biblique : deux hommes chassent un cochon sauvage ensemble, ils le coupent en deux au milieu et s´embarquent chacun une moitié, me menant a contempler cette tête et ses deux pattes avant flottant dans une cuve dans la cuisine. l´obsession de “la mer qui fut la nôtre” arrive jusqu´au béni, si loin de l´océan : les enfants doivent chanter un hymne a la mer chaque matin, on m´explique que si la bolivie avait un littoral, la bolivie serait riche. a part cette pointe dagressivité sur un sujet délicat, les habitants de la jungle sont adorable, m´amenant jusque dans leurs familles et dévorant avec appétit mes crêpes.
la vida en el pueblo es un cotidiano de mujeres, los hombres trabajan en la ciudad y regresan solo la noche o el fin de semana. pienso en la epifanía que había vivido jack kerouak al llegar a la selva mejicana, a cuanto había sido impresionado por la hermosura de los indígenas. a mí igual me fascinan los cuerpos bajos y  musculosos y sonrisas de oro de las mujeres que van siempre trabajando, del chaco al horno, cosechando y recogiendo y criando. los 20 miembros de la comunidad se reúnen para tomar decisiones importantes juntos, como la de donde voy a dormir yo, si van a comprar un secador común para el cacao o que hacer para la fiesta de los 50 años de la comunidad. la noción de compartir esta aplicada de manera bíblica : dos hombres casaron un chancho de monte juntos, le parten en dos por la mitad y se lo llevan, dejándome contemplar esta cabeza y sus dos patas flotando en un bañador en la cocina. la obsesión del “mar que fue nuestro” llega hasta el beni, tan lejos de océano : los niños tienen que cantar el himno al mar cada mañana, me explican que si bolivia tuviera acceso al litoral, estuvieron todos ricos. aparte por un toque de agresividad en este tema tan delicado, la gente de la selva es un amor, llevándome a sus familias y comiendo con mucho gustos mis crêpes de francia.

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