floripa avril mai

 l’été cède peu à peu la place aux longues averses de l’automne et ses mystères de brumes. l’hiver va en congelant l’océan, en expulsant tous les curieux sauf les surfeurs, toujours à courir après A Grande Onda. grand avantage des peuples de plages, ils ont tendance à abandonner le terrain dès que fuit le soleil, laissant pour nous pauvres touristes avides d’eau des kilomètres de plages vides, parfaits pour aller balader les trois chiens errants qui se greffent à n’importe quelle expédition. on sent dans l’atmosphère un ralentissement, une nouvelle pesanteur. moment ideal pour ficeler tous ses projets : a dix mètres de ma maison, les voisins continuent chaque semaine à retaper les murs.

el verano deja poco a poco llegar las lluvias del otoño y sus misterios de neblina. el invierno va congelando el océano, expulsando todos los curiosos excepto los surfistas, siempre a correr tras la Grande Ola. la gran ventaja de la gente de playa, es que tienden a abandonar el espacio desde el segundo en que huye el sol, dejando libres kilometro tras kilometro de playa vacía para nosotros, turistas con sed de grandes aguas. perfecto para ir a dar un paseo con los tres cuatro perros callejeros  que siempre se juntan a cualquier expedición. se siente en el aire una desaceleración, una nueva gravedad. es el momento ideal para seguir todos sus proyectos : a diez metro de mi casa, los vecinos siguen mejorando los muros.

je commence à donner des cours d’aquarelle
empiezo a dar aulas de acuarela

j’apprends à fabriquer des livres et des caipirinhas. il parait qu’ensemble c’est mieux.
aprendo como hacer libros y caipirinhas. parece que juntos van muy bien.
je batis en dernière minute un projet pour participer au concours du journal Libération, qui fait un appel tous les ans aux dessins de carnets de voyage, avec cette fois-ci comme thème “sur les routes et les chemins” : 

en último minuto junto ilustraciones para participar a un concurso del periódico francès Libération, que cada año reclama dibujos de viaje, esta vez con el tema “en las rutas y los caminos” :

il existe aussi une catégorie texte. je leur envoie ceci :

  “Rêve pas, personne va nous prendre ici sur une autoroute.”
     Une Jeep luxueuse passe devant le pouce levé d’Ilonka. 
“Surtout pas une bagnole comme celle-” 
La Jeep s’arrête. Putain ouais !

On court comme des tarées. Ce matin, en se fixant une destination, on en a choisi une à 400 km, en misant sur 200km de trajet pour la journée. Nous sommes au fin fond de la Patagonie argentine, désert d’herbes sèches avec un vent à faire frémir d’envie le Grand Méchant Loup, et on ne peut pas dire que le trafic soit intense. Une fois passé le poste de douanes chiliennes, on avait  faire quatre-vingt bornes pour rejoindre le premier pâté de maisons du territoire argentin. Après une heure le pouce en l’air, on avait finit par être ramassées par un petit couple de sexagénaires en lune de miel, qui nous faisaient passer le maté en piaillant comme des adolescents vivant un premier amour de printemps. En une heure, on a vu douze véhicules. Voila pourquoi cette fois, on court doublement comme des tarées.
 « Je vais jusqu’à Buenos Aires. Je vous dépose où? »

Jackpot ! Le plus au nord, le mieux pour nous. On s’installe dans les fauteuils en cuir pendant qu’Ilonka entame avec entrain l’éternelle rengaine de l’auto-stoppeur, qui dès qu’il entre dans un véhicule se doit de faire un minimum de conversation, et de lister son prénom, son âge, sa nationalité, le nom du dernier pays visité et les impressions (favorables) du pays  l’on se trouve actuellement. Viennent ensuite la ville d’origine, le statut civil et la progéniture, la profession ou le domaine d’études, en ponctuant le tout par des exclamations sur le paysage, la chaleur torride, et les actualités, avec notre ravissant petit accent français.

     De mon côté, j’inspecte l’automobile, médusée : le volant est en bois précieux, il y a des écrans de télé à l’arrière des sièges, des haut-parleurs incrustés dans les portes, et les suspensions font passer inaperçu le fait que notre hôte roule à 200km/h. Jamais je n’ai mis les pieds dans un pareil carrosse, encore moins quand la poussière de la route me colle à la peau et que je ne suis pas lavée depuis quelques jours. Depuis quand les millionnaires prennent-ils à bord des auto-stoppeuses puantes?…
Rodrigo est un argentin d’une quarantaine d’années dont le physique correspond à la voiture : une carrosserie impeccable et bien entretenue, pourvue des obligatoires gadgets dernier cri, polo Ralph Lauren, Ray Bans et iPhone. Rapidement mon oreille distraite repère quelques dissonances dans le schéma classique de nos échanges avec les motoristes : il ne manifeste aucune volonté d’entendre notre biographie, et chose rare, il ne fait pas une remarque à laquelle nous sommes déjà habituées, sur le courage hors du commun que nous avons, jeunes filles si loin de leur pays, à braver ainsi l’inconnu. On apprend qu’il est lui-même parti de chez lui, à seize ans et sans un sou, pour faire le tour du Brésil en stop : il en faudrait plus pour l’impressionner. Rodrigo se rit aussi ouvertement de nous lorsqu’on avoue ne pas être allées au Perrito Moreno, à quelques kilomètres seulement de la ville  nous étions ce matin. Il énonce sans l’ombre d’un sourire que nous perdons notre temps à voir le reste de la Patagonie, qui ne vaut pas une journée devant les glaces du Perrito. Lorsque de surcroît il apprend que nous voyageons sans carte routière, il ne répond que par un silence de dédain.

            Rodrigo n’est guère causant, et le débit des gais bavardages d’Ilonka va en s’amenuisant. Je la sens un peu nerveuse. On est toutes les deux à guetter le quidam. C’est à ce moment- que Rodrigo sort brusquement de l’autoroute, et s’enfonce sur la vague ébauche d’un chemin qui part droit dans le désert.
            Tous mes poils se hérissent. Le silence s’électrifie.
            Ilonka me crie des signaux d’alerte, sans un geste, sans un bruit. On attend. L’aiguille continue de chatouiller les 200 km/h. L’horizon qui nous encercle a déjà ravalé l’autoroute. On est seules avec un inconnu aux yeux cachés derrière des lunettes noires et les plaines infinies ondulant sous le soleil.
            Cinq minutes passent comme un siècle : la voiture arrive devant une clôture. Ni une ni deux, Rodrigo descend, démonte la clôture, fait passer la Jeep, remonte la clôture, redémarre en trombe. En s’asseyant il a jeté un regard à Ilonka, et hausse les épaules. « Je passe toujours par ici. C’est un raccourci de cent kilomètres par rapport à l’autoroute. » On arrive bientôt devant une autre clôture, puis deux, puis douze. A chaque fois Rodrigo fait tomber l’obstacle avec une adresse qui ne dément pas ses paroles. Il commence à nous raconter son enfance ici alors que le moteur rugit à la charge des guanacos et ñandus sauvages, qui zigzaguent affolés sur la trajectoire du véhicule. On manque d’en renverser des dizaines de fois, il fait sonner le klaxon, exaspéré, pour les faire s’éloigner. « Mais que c’est con ces bestioles ! »  Il nous dit qu’en hiver, il vient ici chasser le guanaco en skis. 
             « Attends… il neige ici en hiver ? »
            Rodrigo nous peint alors avec passion les étendues glacées où il s’est déjà perdu en parapente. Oui, il a décidément des passe-temps à la James Bond ce gars-là, mais il tient aussi à préciser qu’à ses débuts, il faisait la plonge. Maintenant le voilà patron de deux restaurants et d’une boutique d’articles de sport. La Jeep avale les kilomètres l’air de rien, on regagne l’autoroute et l’atmosphère se relâche.
            Soudain il fait piler la voiture pour rejoindre une station essence. « Ici, c’est les meilleures empanadas de toute la Patagonie. Vous allez pas rater ca ! » Une fois les empanadas englouties, il dégaine un Tupperware rempli des délices culinaires préparées par sa femme, qu’il a connue lorsqu’ils travaillaient tous deux comme cuisiniers. L’extérieur de glace fond alors complètement alors qu’on s’empiffre avec extase en chantant les louanges de la bonne chère. Comme dit le proverbe ici : ventre plein, cœur content.
          Rodrigo, en quatre heures, en est presque devenu chaleureux. Il maintient l’image du héro du Far West, cool et distant, mais nous on n’y croit plus, on sait qu’au fond il nous aime bien et est un peu triste de nous rendre au bord de l’asphalte. Il nous achète une carte de la Patagonie, je dessine des Légos pour son gamin. Au point final de ces huit cents kilomètres ensemble, il nous souhaite bonne chance et démarre sans un regard en arrière. 
            Un mois plus tard, on publie sur internet une photo où nous apparaissons, emmitouflées contre le vent froid, sur la cargaison d’un camion. Surgit un commentaire de Rodrigo « Pas aussi confortable que ma voiture, pas vrai ? » 
este concurso también tiene una categoria texto. les mando eso :

“Deja de soñar, nadie nos va a llevar aqui en una autopista. 
Una camioneta de gran lujo pasa frente al pulgar levantado de Ilonka.
“Sobre todo no una así-“
El auto para. Puta, genial!
Corremos como locas. Cuando escogemos una destinación esta mañana, optamos por una a 400km, apostando que logramos hacer 200km hoy. Estamos en lo mas profundo de la Patagonia  argentina, un desierto de hierbas secas con un viento que haria palidecer el lobo feroz de envidia. no se puede decir que tenga mucho tráfico. una vez que pasamos el puesto de aduanas chilenas, tivemos que haver 80km para llegar hasta las primeras casas del teritorio argentino. Después de una hora con el dedo levantado, nos llevaron una parejita de sexagenarios en luna de miel, que nos pasaban el maté chillando como adolescentes viviendo un primer amor de primavera. En una hora pasaron doce vehículos. Por eso, corremos locamente como locas.
“Voy hasta Buenos Aires. Donde les dejo?”
jackpot! lo mas al norte, mejor. nos instalamos en sillas de cuero mientras Ilonka empieza con entusiasmo la canción eterna del autostopista, que tiene el deber de hacer algo de conversación al entrar en un vehículo, y listar su nombre, edad, nacionalidad, nombre del último país visitado y opinion (favorable) sobre el país donde estamos ahora.
Después viene la ciudad de origen, confirmar o no la existencia de algun cónyugue o descendencia, la profesión o el tipo de estudios, mientras se punctua todo eso con exclamaciones sobre el paísaje, el calor terrible y las noticias, con nuestro tiernisimo acento francés.

Yo mientras tanto estoy analisando el auto, pasmada : el volante es de una madera preciosa, hay pantallas de televisión atrás de los sillones, y las suspensiones dejan olvidar que nuestro huespéd esta manejando a 200km/h. Nunca entré en semejante carroza, menos aún cuando el polvo de la ruta se me pega todavía a la piel y pasé algunos días sin lavarme. Desde cuando llevan los millonarios a autostopistas malolientes ?…
Rodrigo es un argentino de unos cuarenta años que tiene el físico correspondiendo al auto : carrocería impecable y bien cuidada, con los obligatorios chismes de moda, camiseta Ralph Lauren, Ray Ban, iPhone. Mi oreja distraída capta rápido algunas disonáncias dentro del esquéma clásico de nuestras conversaciones con motoristas : no muestra ningun interés en nuestra biografía, y tampoco nos dice una frase que escuchamos diariamente, sobre el coraje excepcional que se requiere para que dos nenas salgan así a explorar el mundo tan lejos de casa. nos enteramos de que él salió de su hogar, con dieciséis y sin un peso, para recorrer Brasil a dedo : nuestro viajecito no da para impresionarlo. Rodrigo se rie de nosotras cuando confesamos que no fuimos al Perrito Moreno, que quedaba solo a algunos kilómetros de la ciudad de donde recién salimos. Nos declara sin sonréir que desperdiciamos nuestro tiempo visitando el resto de la Patagonia, que no vale un día frente al hielo del Perrito. Cuando se entera de que además, estamos viajando sin mapa, solo contesta con un silencio desdenoso.
Rodrido no es mucho de hablar, y el flujo de la charla alegra de Ilonka va disminuyendo. Siento que está algo nerviosa. Estamos la dos a acechar este bicho raro. De repente Rodrigo sale de la autopista, y se lanza sobre un esbozo de camino que va directo en el desierto.

Todos mis pelos se ponen de punta. El silencio se vuelve eléctrico.
Ilonka me grita señales de alarma, sin movimiento, sin ruido. Esperamos. La aguja sigue jugando del lado de los 200km/h. El horizonte que nos rodeo ya se trago la autopista. estamos solas con un desconocido con ojos escondidos detrás de lentes oscuras y las planicies undulando bajo el sol.
Cinco minutos pasan tan lento como un siglo : el auto para frente a una alambrada. en un instante, Rodrigo baja, quita la alambrada, hace pasar la camioneta, arma de nuevo la alambrada, y arranca de nuevo. al sentarse mira a Ilonka, y se encoge de hombros. “siempre paso por aquí. es un atajo de cien kilometros comparado con la autopista.” Pronto llegamos a otra alambrada, y después otra, y después otra. Cada vez Rodrigo hace caer el obstáculo con una habilidad que no pone en duvida sus palabras. Empieza a nos contar su infancia aquí mientras el motor ruge a la carga guanacos y ñandus salvajes, que zigzaguean en pánico en la trayectora del vehículo. muchas veces, pasamos muy cerca de les atropellar, y él toca la vocina, exasperado, para hacer manterse a distancia. “Pero que estúpidos son estas bestias!” Nos cuenta que en invierno, el viene aquí cazar guanacos en esquís.
“Espera… aquí nieve en invierno?”
Rodrigo nos pinta con pasión las superficies de hielo donde él ya se perdió en parapente. Sí, en verdad tiene distracciones como James Bond este huacho, pero también quiere dejar claro que él empiezó lavando los plato. Ahora es dueño de dos restaurantes y una tienda de artículos para hacer deporte. la camioneta se traga los kilómetros como si nada y el ambiante se relaja.
 
De repente hace virar el auto para para en una bomba. “Acá son las mejores empanadas de toda Patagonia. No se van a perder eso!” Una vez que devoramos las empanadas, un Tupper surge, lleno de las delicias culinarias cocinadas por su mujer, que conoció cuando trabajaban ambos como cocineros. la capa de hielo se derrite completamente mientras tragamos, en éxtasis, cantando elogios de la buena comida. como dicen acá : barriga llena, corrazón contento.
En cuatro horas, Rodrigo cuasi se voltó caluroso. Mantiene la imagén de heroe de western, cool y distante, pero ya no la acreditamos, sabemos que en el fondo le gustamos y esta hasta un poco triste de nos devolver al asfálto. nos compra un mapa de Patagonia, yo dibujo Legos para su hijito. Al punto final de estos 800 km juntos, nos desea buena suerte y arranca sin mirar atrás.
Un mes mas tarde, publicamos en internet una foto donde aparecemos, bien cubiertas contra el viento frío, en el cargamento de un camión. de repente surge un comentario de Rodrigo : “No tan confortable como mi auto, verdad?”

pendant ce temps on continue de travailler au studio, nouvellement baptisé Astarté Ink, avec Luz
mientras tanto seguimos trabajando con Luz en el estudio, recién llamado Astarté Ink

… ou à s’improviser des sessions tatouages dans des conditions plus aléatoires

… o a improvisarse sesiones de tatuage en circunstancias mas aleatorias

daniel
 cris

mei

joão
je passe ensuite de longues semaines ici, travaillant sur de nouvelles pièces pour l’ouverture de ma toute première exposition, qui aura lieu dans une petite galerie/boutique d’artisanats du centre de l’île.
paso largas semanas aquí, trabajando en nuevas obras para abrir mi primera exposición, que va a estar en una pequeña galería/tienda de artesanato del centro de la isla.
texte d’introduction à l’exposition : 
L’expérience “Amor Selvagem” est une série d’autoportraits, de repères dans le temps comme les messages que les couteaux gravent au coeur des arbres : “z était ici”, “x aime y”, “rip abc”. L’union du mot “amour” avec “sauvage” peut paraître contradictoire, mais ce sont simplement les deux cõtés d’une même pièce. l’amour, cette sublime danse célébrée mille fois, devient aussi un duel mortel qui a déjà fait couler assez de sang pour remplir les océans. Ce n’est pas seulement une vibration entre deux âmes. Les chairs se heurtent. les corps entrent en colision, le coeur bat comme un fou, les poitrines crient et gémissent, et personne ne s’échappe sans blessure. personne ne s’échappe sans vouloir revenir encore et encore.
Je suis arrivée ici après une longue route, avec mes plaies ouvertes et mes vieilles cicatrices. Ca fait un an et demi que j’ai fait mes adieux à la vie d’étudiante en art à Paris, avec ses mois devant un écran d’ordinateur. J’avais 21 ans. J’ai fait mes adieux à la routine, j’ai fait mes adieux à l’Europe, j’ai attrapé mon sac à dos et je suis partie sans intention de revenir, armée de mes aquarelles et mes bottes de randonnée. Ma première destination : l’Amérique du Sud. Plusieurs siècles sont passés depuis : j’ai parcouru plus de 3000 km en stop, j’ai appris l’hébreu, j’ai vécu dans la jungle avec des indigènes, j’ai reçu un baiser d’amour d’un lama. J’ai vécu sans argent, je suis devenue disciple d’un tatoueur juste en demandant “s’il te plait”, j’ai oublié mes langues maternelles, j’ai vu des pingouins, des loups de mers, et un cobra qui ce jour là a choisi de me laisser vivre. J’ai vécu 6 mois sans téléphone, 3 sans voir un lit, j’ai été de temps à autre un homme, j’ai expliqué plusieurs fois oú était l’Europe, j’ai mangé tous les plats typiques du Paraguay. J’ai assisté à de la contrebande de pétrole, à des conseils chuchotés par une sorcière sur comment avorter, à des crises d’épilepsie et des amputations avec une scie électrique. J’ai appris à hypnotiser, à récolter du cacao, j’ai nagé avec des dauphins et des crocodiles.

Il arrive un temps pour reposer les pieds, pour absorber. Je reste ici pour parler avec les vagues, peindre des choses que je n’ai pas eu le temps de peindre et faire vibrer la machine de tatouage. “Amor selvagem” est une opportunité pour moi de sortir tout à la lumière, et laisser tomber cette vieille peau morte pour suivre mon chemin plus légère.

texto de introducción a la exposición :
La experiencia “Amor selvagem” es una serie de autoretratos, de marcas en el tiempo como los mensages que los cuchillos graban en el corrazon de los arboles : “x estaba aqui”, “z ama y”, “rip abc”. La unión de la palabra “amor” con “salvage” puede parecer contradictoria, pero son simplemente las dos faces de la misma moneda. El amor, este lindo baile mil veces celebrado, se vuelve también en un duelo mortal que ya hizo correr suficiente sangre para llenar los oceanos. No es solo una vibración entre dos almas, es el choque entre las carnes. Los cuerpos entran en colisión, el corrazon late como loco, los pechos gritan y gimen, y nadie escapa sin herida. nadie escapa sin querer volver para mas.
Yo llegué aquí después de un largo camino, con mis heridas abiertas y mis viejas cicatrizes. Hace un año y medio que me despedí, con 21 años, de la vida de estudiante de arte en Paris, con sus meses y meses frente a una pantalla de computadora. Me despedí de la rutina y de europa, pegué mi mochila, y salí sin intención de volver, con como primera destinación América del Sur, armada con mis acuarelas y mis botas de caminata. Pasaron varios siglos : recorrí mas de 3000 km a dedo, aprendí hebreo, viví en la selva con indigenas, recebí un beso de amor de una llama. viví sin dinero, me volví aprendiz de un tatuador solo con pedir “por favor”, olvidé mis idiomas maternos, ví pinguinos, lobos de mar y una cobra que este dia eligió me dejar vivir. Viví 6 meses sin telefono, 3 sin ver una cama, me volví hombre de vez en cuando, expliqué varias veces donde era Europa, comí todas las comidas típicas de Paraguay. Assistí a contrabanda de gasolina, consejos murmurados de bruja para abortar, crises de epilepsia y amputaciones con sierra eléctrica. Aprendí a hipnotizar, a sembrar cacao, nadé con delfines y cocodrilos.
Llegua un tiempo para descansar los piés, absorber. Yo me quedo aquí para hablar con las olas, pintar cosas que no tuve tiempo de pintar y hacer vibrar la maquina de tatuar. “Amor selvagem” es mi oportunidad de sacar absolutamente todo a la luz, y dejar caer esta vieja piel muerta, para seguir mi camino mas ligera.

je commence le montage dans la loja 55 : ils m’avaient vu tendre ma corde à linge et vendre des cartes postales dans la rue, et étaient restés tellement enchantés par le concept qu’ils insistent pour qu’on le reprenne pour l’exposition.
empiezo a montar en la loja 55 : me habían visto tender una cuerda para vender postales en la calle, y quedaron tan encantados con el concepto que insisten para retomarlo para la exposición.

 concert pour le jour d’ouverture par les copains de l’excellent groupe de rock M.A.S.U.
(photo en noir et blanc par Lucas Romero)
concierto el día de la abertura, con los amigos del excellente grupo de rock M.A.S.U.
(fotos en blanco y negro de Lucas Romero)

bravo!

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