fevereiro : carnaval do rio

sosie du pape meurt en sortant d’un bloco de vila isabel
sosia del papa muere saliendo de un bloco de vila isabel

des kilos de costumes attendent en hibernation dans un hangar poussiéreux style belle au bois dormant. l’activité frénétique est amortie par le pesant silence de la tôle vieille d’un demi-siècle qui cache le soleil hargneux. nous sommes trois jours avant le défilé de l’école de samba pimpolhos, et dans le silence de l’heure de la sieste les carnavalescos font vrombir leurs machines à coudre, chauffer les pistolets à colle et perdent le sommeil entre le cric crac des ciseaux de couturières et les tictacs du compte à rebours. des portables jouent des marchinhas et les reines posent avec leur mères dans les dernières retouches, sous les mains virevoltantes des couturiers couverts de sueurs, rouspètant encore dix minutes auparavant, maintenant ravis de faire des selfies avec les sourires immaculés qui couronnent leurs mois de travail.

kilos de vestidos esperan en hibernación en un galpón polvoriento tipo bela durmiente. el silencio pesado de la chapa antigua, que esconde el sol rabioso desde medio século, amortigua la actividad frenética de sus entrañas. estamos tres días antes del desfile de la escuela de samba pimpolhos, y durante el silencio de la hora de la siesta, los carnavalescos hacen zumbar las máquinas de costura, esquentan las pistolas de cola y pierden el sueño entre el criccrac de las tijeras y el tictac de la cuenta atràs. viejos celulares tocan marchinhas y las reinas posan con sus madres durante los últimos retoques, bajo las piruetas de las manos dos costureros suadíssimos, refunfuñando diez minutos antes y ahora encantados, haciendo selfies con los sorrisos immaculados que vienen coronar sus meses de trabajo.

regarde, là!
mira, ahí!

CARNAVAL TA BOMBANDO!

déambuler des heures entre les minnies, les danseuses du ventre, les pirates qui circulent en petits groupes, acteurs épars jouant leurs entrées en scène le long des avenues immenses, petits crabes zigzaguant entre les vendeurs de bière et de paillettes. beaucoup s’improvisent le costume une fois sur le terrain, collectionnant à la hâte les fleurs de plastique, des voiles de mariée, des oreilles de chat, mais il y a aussi les efforts des schtroumpfs, des wonder-women, des boeuf des contes du sertão, la famille star wars et hulk avec calvitie qui pousse la poussette. les vieux (qui sambent), les fauteuils roulants (qui sambent aussi), les enfants dégoulinent avec nous sous ce soleil implacable de 45 degrés. le peuple se réhydrate abondamment grâce à la glace artisanale traditionelle du carnaval – la caipirinha congelée. crier toute la journée des chants sur des fleurs qui meurent, la cachaça n’est pas de l’eau mon bon allah, si tu étais sincère aurore elle me remplace par un autre quand le soleil s’enfuit… c’est comme une gay pride parisienne élastiquée dans le temps et l’espace, des blocos qui montent dans les barques de niteroi qui continue son dimanche comme si de rien n’était, oú un vendeur de bonbons continue de crier “vive carnaval” sous sa coiffe de plumes, comme il le fait chaque jour depuis deux mois. fidèles à la coutume locale nous mangeons du arroz com feijão complètement ivres à 11h du matin, zigzaguant entre les prostituées, les travestis et les touristes de lapa, à alterner des blocos avec des sauts au cinéma pour faire une pause du vacarme, de la foule, des odeurs de la rue et de la chaleur insupportable.
caminar horas entre las minnies, las bailarinas orientales, los piratas que circulan en grupitos, actores dispersados haciendo sus entradas a lo largo de las avenidas immensas, cangrejitos zigzagueando entre los vendedores de cerveja y purpurina. muchos se improvisan un vestido una vez llegados a la fiesta, coleccionando de prisa las flores de plástico, los velos de novia, las orejas de gato, pero también los pitufos, las wonderwomen, los bueyes de cuentos del sertão, la familia star wars y hulk con calvicie que empuja el carrito. los viejos (sambando), las sillas de ruedas (sambando también), las criaturas chorrean con nosotros bajo este sol inescapable de 45 grados. el pueblo se hidrata intensamente con helados tradicionales de carnaval – cachaça congelada. gritar todo el día cantos sobre flores que mueren, la cachaça no es agua mi buén allah, si tu fueras sincera aurora ella coloca otro en mi lugar cuando el sol se raja… como una gay pride parisiense elasticada en el tiempo y espacio, blocos que suben en las barcas de niteroi que sigue su domingo como si nada, donde un vendedor de doce sigue gritando “viva carnaval” bajo sus plumas, como cada día desde los dos últimos meses. siguiendo la costumbre local comemos arroz con frijoles bébados a las 11 de la mañana, caminando entre las prostitutas, los travestis y los turistas de lapa, alternando blocos con pausas en el cine para escaparse del kilombo, la muchedumbre, los olores de la calle y el calor insoportable.

 pendant ce temps la poésie et les hasards du quotidien continue son petit bonhomme de chemin…
monsieur et madame deux chevaux se font la gueule.
mientras tanto, la poesía y las desgracias del cotidiano siguen su camino…
señor y señora escarabajo ya no se hablan.

“informatique de survie pour le 3e âge. Rosley va tout vous montrer”
“rosley va les mostrar tudo”

 déluge, le ciel vomit des torrents et je me réfugie là où coule encore la bière. quelques minutes de suppliques me font gagner l’accès à la télécommande et globo m’offre le défilé du sambodrome. il y a une facination de boule de neige de verre dans l’énergie des danseurs, l’effervescence baroque des costumes et cette joie contagieuse qui se rie de la pluie. alors que défilent les comissão de frente et porta-bandeiras, la situation du brésil (du monde?) se profile entre les plumes comme une allégorie évidente et tape à l’oeil, une source fantastique et mal canalisée, perdant tant de temps et d’énergie alors que pour passer du folklorique au sublime il manque si peu, un soupçon de structure, tuée dans l’oeuf par l’éternelle corruption qui n’a pas que ça à faire. le carnaval dégage une joie d’enfants devant les couleurs et les sourires, et une grande lassitude à voir passer 4000 pétasses à plumes anônnant un samba à deux balles, le goût chewing-gum trop mâché de la globo qui vient ruiner le spectacle. caméras épileptiques qui filment tout et ne montrent rien, laissant traîner sur l’écran les fesses des rainhas de bateria déjà célèbres au lieu des 4000 autres participants. je ressors de ces jours de fête avec l’impression d’en avoir un donc d’en avoir vu mille, avec le pressentiment de toujours y assister avec ce mélange d’ecstase et d’amertume.
dilúvio, el cielo vomita torrentes y busco refugio donde todavía corre la cerveza. unos minutos de súplicas me ganan el mando y globo me ofrece el desfile del sambodromo. hay una facinación de bola de nieve de vidrio en la energía de los bailarines, la efervescencia baroca de los vestidos y esta alegría contagiosa que se rie de la lluvia. mientras desfilen las comissão de frente et porta-bandeiras, la situación del brasil (del mundo?) viene apareciendo entre la plumas, alegoria evidente y groseramente llamativa : una fuente fantástica y mal canalisada, perdiendo tanto tiempo y energia encuanto para pasar del folklórico al sublime falta un soplo, un átomo de estructúra y sentido común afogado por la eterna corrupción que tiene otras cosas en mente. el carnaval irradie una felicidad de juventud frente a los colores y las sonrisas, y una extrema lasitud al ver pasar las 4000 vadias con plumas balbuceando un samba barato, el sabor chicle masticadíssimo de la globo tira el gusto del espectáculo. cámaras epilépticas que gravan todo y no mostran nada, dejando eternisarse en la pantalla la cola de rainhas de bateria ya famosas en vez de los 4000 otros participantes. salgo de estos dias de fiesta con la impresión de ter visto uno entonces mil, con el presentimiento de siempre asistirlo con este cóctel de ecstasis y amargura.

défilé des pimpolhos 

desfile de los pimpolhos 


 photos facebook pimpolhos / daniel leão

ou peut-être pas : par hasard, une voiture me fait longer le sambodrome la nuit du défilé des écoles championnes, un soir oú le carnaval s’est déjà un peu fâné, et je distingue les fières carcasses des chars, attendant leur ultime balade sous la lumière blafarde de modestes lampadaires. les montagnes de roses, l’aigle royal courbé sous un pont, les magiciens, forêts amazoniennes et cascades de perles évoquent des monstres marins au dernier soir du monde, flottant entre les bras phosphorecents du christ.
o talvez no : por casualidad, un auto me hace bordear el sambódromo la noche del desfile de las escuelas campeonas, una tarde cuando el carnaval ya está se marchitando, distingo las orgullosas silhuetas de las carrozas, esperando su último passeo bajo la luz pálida de humildes farolas. las montañas de rosas, la águia curvada bajo la puente, los magos, las florestas amazónicas y cascadas de perlas evocan monstros marinos en la última tarde del mundo, flotando entre los brazos fosforecentes del cristo.

bonus : trésor des poubelles

bonus : tesoro da basura

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