maio botafogo – alto paraíso

carol 

un samedi de soleil, les cariocas se réunissent pour applaudir le crépuscule au harpoador, dernier point de vue pour voir le soleil disparaître sans être gêné par les bâtiments
 sabado de calor, o povo se reune para aplaudir o por do sol no harpoador, último mirador para verlo desaparecer sem ser atrapalhado pelos edificios

festa junina : manger du maïs et de la canjica, de la viande de barbecue, faire péter des pétards entre les flux d’adolescents vêtus comme pour aller en boite (mais ils ont pas encore l’âge), jeter des cercles de fer sur des clous, tirer à la carabine, tenter de dire non aux mille suggestions de plats typiques, voir les mêmes oiseaux voler avec un système élastique qui volaient aux fêtes foraines de mes six ans, gagner des balles en caoutchouc d’1m de diamètre de toutes les couleurs, remarquer que les minettes qui travaillent aux barbecues sont en culotte à cause de la chaleur, deux cents personnes applaudissent un couple de quinze ans qui s’embrasse sur le toit d’une maison, prendre le métro en soufflant des bulles de savon. à six ans comme aujourd’hui, c’est fa-bu-leux.
festa junina : comer milho e canjica, carne asada, fazer explodir uns foginhos entre fluxos de adolescentes vestidos como para ir de balada (mas ainda não tem idade de poder entrar), lançar círculos de ferro acima de preguinhos, atirar com pistola balas que parecem pipoca, tentar dizer que não obrigada as mil sugestões de pratos típicos, ver voar os mesmos pássaros de papel com un sistéma de elástico que os que voavam aos parques de diversão dos meus séis anos, ganar bolas de goma de um metro de diamétro de mil colores, observar que as meninas que tranalham no assado estam de calcinha pelo calor, duzentos pessoas aplaudem um casal de quinze anos se beijando no teito duma casa, pegar metrô fazendo burbulhas de sabonete. as séis, tanto quanto hoje, é fabuloso.

 une dernière soirée à rio avant le départ…
última noite no rio antes de sair…

 … et arriver à alto paraíso (littéralement “haut paradis”)
… e chegar a alto paraíso, goias 

mon refuge, le yoga astral
meu refugio, o yoga astral

“ici, tout le monde est shaman, prophète ou fou”. cette introduction résume assez bien cette communauté perdue entre les cristaux, les cascades et les paysages magnifiques offerts par le parc naturel Chapada dos Veadeiros, à quelques kilomètres de là. la magie secrète de la nature, trop souvent asphyxiée sous le béton des villes, s’exacerbe et réverbère aussi fort que le hurlement de loup des chiens du village, toutes les nuits. l’air est imprégné d’un mysticisme que chacun infuse dans des croyances éclectiques, ce qui est vite apparent dans les conversations quotidiennes : “j’ai été yogi dans une vie précédente, c’est pour ça que j’ai choisi de renaître dans une famille juive pour étudier les racines les plus anciennes de la religion “, “évidemment mes cheveux sont beaux, je ne les coupe qu’à la nouvelle lune”. ici personne ne parle de dilma (ouf), de football (ouf ouf), les seules discussions politiques sont les manifestations contre les projets de barrage dans la région. la consomation de produits tels que la viande, le téléphone portable, le tampon est presque inexistante, autour d’un thé j’entends des discussions sur les dernières incorporations par un orisha, pomba-gira ou autre esprit de passage, des avancées dans les projets des uns et des autres de monter une éco-communauté produisant ses propres ressources (projet qui semble être le but de la majorité). entre les points d’émulsion sociale on compte le marché bio, le terreiro (temple umbanda) et des feux de joie, organisés dans diverses maisons, communiqués par bouche-à-bouche et réunissant une soixantaine de personnes, oú on fait de la musique, on danse et on déclame des poèmes, pendant qu’en guise d’applaudissements les convives sifflottent des chants d’oiseaux. la communication se fait beaucoup par “télépathie” (je pense à toi, tu apparais à ma porte). l’ambiance me fait penser à florianópolis, une grande partie de la population est venue passer une semaine et n’est plus jamais repartie. venus des quatres coins du brésil et de la planète, ce sont eux qui forment la communauté avec qui je cohabite ces quelques jours : les “natifs”, eux sont des brésiliens d’une autre trempe, qui écoutent du funk, vont à l’église évangéliste et arborent mini-short collants avec ADIDAS sur les fesses, sans manifester aucun intérêt pour la méditation, le ghi (beurre clarifié selon une méthode indienne) ou même le rapé, un tabac en poudre venu des indigènes qui s’inspire par le nez et facilite la méditation, notamment la communion avec l’eau, donc très utilisé lors des escapades dans les cascades. les deux clans ne se mélangent pas, sauf pour aller prendre une soupe de potiron pendant la festa junina. les gens avec qui je discute irradient la fierté de pouvoir dire “j’ai choisi de vivre ici”, et sont d’ailleurs nombreux à me déclarer avec un sourire satisfait que moi aussi, d’ici peu je me joindrai à eux (ou je serai peut-être enchaînée à un radiateur la veille de mon départ, selon les cas). être accueillie dans cette communauté me change beaucoup du rythme de rio, oú chacun vit un emploi du temps trop accéléré pour s’intéresser de près à qui je suis, que ce soit dans cette vie ou la vie antérieure.

premier matin, je me lève et prends une photo. quelques jours plus tard, en racontant que je tatoue en majorité des gens pour leurs morts, je constate que dans l’horoscope maya, mon signe correspond au passeur entre la vie et la mort. tout le monde hoche la tête : une heure après avoir pris cette photo, gratidão, le chien malade entre la piscine et la table, est subitement décédé. 

le café et les fleurs, offrandes pour l’orisha preto velho après le passage de gratidão

je retrouve luz, “compagne de carnavals passés” …
… ses superbes fresques…

…ses cours de tango…
…ses tatouages…
…et ses clébars adoptés. ici, pessoa, dans le studio água doce, un centre de thérapie oú se conjuguent art, huiles essentielles, massages et tatouages

  le studio s’improvise des fêtes, des danses et des ateliers ouverts de dessins ou une bande d’adultes redevient un groupe d’enfants, silencieux et concentrés et piquant des idées et des pinceaux au voisin

 pendant l’aprèm je rencontre une future mère de jumeaux que je rassure sur l’accouchement “normal”, et qui me confesse mourir d’envie de se tatouer une tortue…

chloé (tatouage de luz)
luz et moi on se divise les feutres et les aiguilles dans des tatouages à quatre mains

première session : davi 
luz

croquis pour présenter le travail de jane, qui va faire une performance dans le studio : elle va y emmener ses métiers à tisser et passer ses soirées là, à enseigner la technique tout en écoutant du heavy metal
chez lipi, on ne construit pas juste des maisons, on les construit dans les arbres. 

galerie-stockage dans une maison semi-abandonnée à quelques mètres de là

une dernière festa junina, et je rentre à rio
un article sort dans le journal o globo

je participe du cluster, un évènement de mode et gastronomie, qui fait une première édition dans un coin de verdure
je documente l’évènement à l’aquarelle

 jour
nuit

 
long week-end de taf.

free hand – mariana

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