outubro – novembro botafogo

j’ai une nouvelle maison! j’emménage près de voisins à l’air sérieux…

… enfin, pas tous! les petits ont un mois et descendent tout juste du dos des adultes… encore partagés entre une impatience à marcher tous seuls et crier de peur dès que les grands s’éloignent…

chez moi il y a des sphinxs…
… pas toujours dignes… 
une humaine, toujours calme… 
… et un arbre qui veille calmement sur mes nuits.
j’apprends à claudia comment faire des pizzas

elle m’apprend quelques trucs essentiels sur le plastique et la chaleur
saison des goyaves
je vois quelques résultats de travaux anciens, un recueil de poemes…
… et un livre pour enfants
prête pour ma première convention de tatouage!

une fille regarde dans mes dessins, s’arrête, s’exclame : “il me le faut!”

je travaille dans un studio en face du cimetière
équipe de la guerra tattoo

andrea
magda

anne caroline

leonardo

en attendant j’apprends aussi à danser le lindy hop. c’est une danse qui va sur le swing des années 20, j’avais découvert ce groupe par hasard, faisant des folles chorégraphies de groupe dans une soirée de bar. leurs rires m’avaient fascinée. ici la sensualité flirte de près avec l’humour, les danseurs rient, font des figures clownesques sur des chansons de ella, billie, louis, tout pour plaire…
on fait des fêtes…

halloween par exemple…
(d’ailleurs c’est bientôt noël, une fête toujours étrange pour moi dans les pays chauds)

j’ébauche quelques scènes nocturnes de terrasses de bars 

 rita et leonardo
fia
groupe de sérénades, disponible à la location pour jouer des chansons romantiques sous les fenêtres de nos amours

en face du bar il y a deux fenêtres bleues qui clignotaient en synchronisation, de deux voisins regardant la même chose à la télé
et bien sûr, il ne reste plus que quatre mois avant le carnaval, donc on est en pleines répétitions. je croise plusieurs personnes qui me disent qu’ils ont essayé de vivre dans d’autres villes, mais que personne ne prend le carnaval autant à coeur qu’à rio. donc ils restent ici.
(nous sommes sur une des rues principales du centre, à bloquer la circulation un mardi à six heures en fin d’heure de pointe. normal.)
le groupe coréen su:mi livre une performance incroyable avec des instruments traditionels dans le parque lage, transformé en forêt enchantée par la pluie
aussi, ça fait deux mois qu’on profite des grands déluges tropicaux… le ciel pleure, pleure, pleure…

…on se réfugie dans la maison des copains…
…  ou on reste chez soi avec la flemme.
visite à l’île de paquetá, oú on ne circule qu’à vélo

on croise dans la rue un chat miroir de celui qu’on a à la maison

tatouage chez angela et sa maman 
angela
et bien sûr, un vendredi à neuf heures, alors que toutes les fenêtres chantent un samba et que je suis sur le point d’aller à une de ces nombreuses fêtes de début d’été, je reçois le message qui me dit “vérifie que ta famille et tes amis vont bien.” internet me montre de photos de cadavres à une rue de là oú vit ma soeur, là oú j’ai vécu deux ans, là oú je serais sortie cette nuit-là si je vivais encore à paris. un message d’une amie cachée sous une table avec tout un bar, évacuée par la porte de la cuisine et terrée dans l’appartement d’un inconnu, avec tout l’immeuble devant la télévision, qui attend. un autre était devant le bataclan quand les explosions ont commencé. c’est impossiblement près cette fois. aucune de mes connaissances ne compte parmi les victimes mais toutes mes connaissances ont peur, elles sont amies du garçon qui a perdu son amie d’enfance, la fille qui a vu son amour mourir dans ses bras.  
“terreur à paris”, “la terreur contre l’occident”, “pourquoi paris?”, “la civilisation contre la terreur”
comme en janvier, je ressens la distance qui complique la récupération. ici la nuit a continué avec ses fêtes faisant invasion par mes fenêtres, personne ne savait encore, ce n’est que le lendemain que les portables ont alerté le brésil. les semaines qui suivent, je vois bouche bée des gens que je ne connais pas faire du small talk en brodant sur ce thème, comme ils brodaient avant sur la belle-mère qui avait visité la tour eiffel. terrible n’est-ce pas. certainement. enfin bon ici c’est pire, à nous nos politiciens nous baisent tous les jours. dis donc il fait chaud aujourd’hui hein? l’indifférence dans la bonne humeur et le soleil empoisonne mes relations avec ces bienheureux qui dansent.

je sais que je peux pas mais je peux rentrer?

carol
binho 
carol

“joana cette histoire doit rester entre nous, c’est notre secret ok? si le secret est révélé, le Christ du corcovado va être tellement triste qu’il va baisser les bras”
extrait d’une jolie bd dont je ne me souviens pas le nom
quel meilleur remède à la solitude qu’un voyage? je fais mon sac…

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