maio – botafogo

on est pas bien là, détendus du gland?

 

une française me tombe dans les bras, en provenance de l’hiver glacial de milwaukee : l’arrivée de claire me donne l’occasion de faire des tours dans des coins inexplorés de rio, de faire la touriste en mangeant des fruits étranges – jatoba, pitaia, cupuaçu, cacao, fruta do conde.

passages obligés du rio tourist tour : escadaria selaron – lapa
samba entre une bande d’amis particulièrement ivres sur la plage de urca
alessandro nous emmène boire de la cachaça de vipère et danser du forro à la feira de sao cristovao, vaste bordel ou on trouve entre autres mille spécialités culinaires du nordeste, des six pistes de forro aux photos avec des costumes pourris de cangaceiros à des excellents restaurants et vendeurs de souvenirs en cuir, de petits poèmes illustrés appelés cordel et des statues du padre cicéro
un petit crabe en train de présenter son meilleur profil
“attention danger de mort”, difficile de résister à une photo stupide

pedra da gávea
 picnic à paqueta

“o rio é pronto. e você?” (rio est prêt, et toi?) pub très ironique parmi les nombreuses divulgations qui commencent déjà à envahir la ville à l’arrivée des jeux olympiques, et que la ville est loin d’être prête : on est tout juste en train de construire le stade et d’envahir les plages de leme et copacabana avec des énormes structures pour recevoir les évènements et étrangers
  la folle vie d’artiste : claire profite du froid glacial pour monter un film pendant que j’imprime des photos de mon travail
mon stand avec claire l’assistante pendant la fête manie dansante 
pendant la fête je tatoue oto…

…et une sirène sur un garçon dont je ne me souviens plus le nom. je suis assez interloquée par l’attitude du public de la fête, qui est pris par des désirs subits de se tatouer immédiatement n’importe quelle bêtise, juste parce que je suis là et qu’ils ont bu deux bières. je leur fais la faveur de les protéger d’eux-mêmes et je range vite mes aiguilles…
marché d’éditeurs au parque lage : j’achète un petit livre fabuleux qui s’appelle “comment tomber amoureux de n’importe qui en 36 questions”, qui est beaucoup plus profond que le titre irait laisser penser. je pourrais écrire plusieurs pages sur ce livre mais je vais plutôt laisser le lien vers une vidéo intéressante sur le sujet ici

on fait le tour du parque lage en imaginant les ravages que des étudiants parisiens feraient dans cet espace vert incroyable qui ici n’attire que quelques modèles venus faire des photos devant la fontaine : les petits couples dans les buissons, les musiciens et les picnics sur la pelouse, les dessins des plantes et des singes et les fêtes. entre deux jus de fruits elle me parle de son expérience à passer très près, trop près des attentats à paris et d’être expédiée immédiatement à l’autre bout du monde, le nez dans cette sympathie superficielle et transparente des américains. elle me raconte l’infantilisation étrange de la jeunesse mais sa grande tolérance, une collègue qui vit avec une dent de sagesse lui déformant douloureusement la mâchoire parce qu’il n’y a pas assez d’argent pour aller chez le dentiste. nuit debout à paris et les flics qui cassent la gueule aux gens place de la république. je l’emmène à l’occupation du minc, le ministère de la culture récemment fermé où jouent des musiciens depuis plusieurs semaines en signe de protestation. je ne peux pas m’empêcher d’être déçue par la taille des foules aux rassemblements politiques depuis le coup de l’état, quand je connais la taille qu’elle atteint pendant le carnaval.

à l’odéon il y a la première projection du film de marina abramovic “o espaço além”, et je me retrouve à essayer de mémoriser et traduire du portugais le dialogue intense entre le réalisateur, ses invités et un public ému par la puissance et du film et le rappel des sources spirituelles infinies de leur terre. par l’évidence que pour découvrir les richesses du familier, il faut les regarder par les yeux de quelqu’un qui vient d’ailleurs. les récits du réalisateur, qui nous évoquent les années chaotiques de tournage, me font repenser à mes propres expériences au documentaire punk improvisé, les heures à écouter des récits d’étrangers qui pleurent devant la caméra en nous confiant les pépites amères de leur vie. tous les moments qui n’ont pas été filmés aussi, ce rôle étrange de confesseur-messie qui se dégage d’un regard droit dans les yeux et tout le temps du monde pour qui veut parler ou rester en silence. marina parle de cette expérience avec ses arts de la performance : le vrai temps, la présence physique, et au milieu de cette parenthèse, cet océan de larmes.
à une cérémonie de umbanda grouillante de monde, où quarante personnes incorporent simultanément, un exu qui rigole me donne une clope pour méditer sur la bande originale qui tourne dans ma tête, should i stay or should i go. un autre français qui nous accompagne ressort encore plus interloqué que d’habitude, et la fumée qui me lève le coeur me fait tourner les yeux vers des horizons plus lointains : je décide de plaquer le brésil pour aller faire un tour en nouvelle zélande.
pendant un évènement de makers (nom cool et hype donné à des inventeurs de tous poils)  j’avais parlé de notre projet de van à dado, qui a déjà vécu dans une maison à roulettes et m’a invitée à passer à ohms, une antre de câbles et boites à trucs pour discuter modèles, suspensions et tentes montables sur jeeps
 “la mémoire guerrière ne s’éteint jamais”
je commence à faire les récompenses du crowdfunding

première session – mariana
ana

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