agosto – santiago, viña/valpo, san pedro de atacama

hola cordillera!

santiago est un étrange bond en arrière dans le temps : quatre ans plus tard, arpenter des rues que je ne pensais pas revoir, retrouver les mêmes guides, sentir dans mes os l’érosion du temps qui a fait tomber depuis longtemps la peau morte de la jeune fille verte, faisant ses premiers pas à l’autre bout du monde. l’aéroport m’évoque ma première arrivée, épuisée et pleurant toutes les larmes de mon corps, à baptiser cette terre nouvelle de toutes mes attentes, ma joie de voir mon rêve se réaliser, et la fin d’un cycle. un voyage est toujours comme un mirage sur l’horizon jusqu’au moment où on pose le pied sur la route, surpris avec soi-même, “est-ce que j’y vais vraiment?” les chiliens restent toujours aussi chaleureux et le brésil m’avait déshabituée à être complètement une étrangère, je retrouve comme la première fois les regards curieux des gens qui nous dévisagent partout. c’est drôle d’escorter cette fois ma soeur, comme une image fantôme de moi-même faisant sa première balade en amérique du sud, avec les difficultés pour comprendre le chilien, l’émerveillement d’un regard vierge devant des détails bucoliques. au cours des dernières années je n’ai passé que quelques jours avec mes compagnons de voyage, et j’ai du mal à croire à ma chance, de pouvoir laisser s’égrener trois semaines à flâner dans les rues, se raconter nos vies en partageant des délices typiques et d’innombrables bouteilles de vin… 

notre premier petit dej chez rodrigo, notre adorable host de couchsurfing

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santiago, ville des chiens errants : la dernière fois que je suis passée ici c’était l’été, j’ai donc perdu le spectacle des petits pulls chics que des bienfaiteurs aléatoires leurs tricotent pour les froides nuits dehors.
derrière la moneda des bandes de ciment cachent des impacts de balle qui datent du coup d’état – la dictature est toujours très près de la surface, elle ressurgit à chaque coin de rue, comme l’herbe qui pousse entre les craquelures du béton.
cerro san cristobal, où normalement la vue de santiago s’étend à des kilomètres à la ronde
nasta et josé prennent une photo qui servira de carte d’invitation, au cas où un jour ils perdent la raison et décident de se marier (“père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”)
petit déjeuner à la vega, énorme marché de verdures, viandes, graines, nourritures pour chiens, casseroles et bric à brac
stèles funéraires au museo precolombino

jotapé, roi du asado

“la pollution de l’air ici est tellement forte qu’il y a des jours où les cours de sport à l’école sont annulés, parce que l’air est trop mauvais pour les poumons des enfants. comme tout le monde fait toujours un barbecue pour les matchs du chili, le gouvernement a officiellement demandé au peuple de bien vouloir cuisiner leur viande au gaz, au four, n’importe quoi sauf avec du charbon.

– et donc vous l’avez fait?

– ça va pas la tête? ça a pas du tout le même goût la viande cuite autrement!”

des détails qui restent dans ma mémoire : des gens noirs dans la rue (certains chiliens me disant avec dégoût “ils sont partout”). des étiquettes noires sur tous les produits disant “haut en graisse” “haut en sucres”, et redécouvrir cette merveille de bon sens qu’est le colectivo – un espèce de taxi à trajet prédéfini coûtant moins cher qu’un bus. manger toujours avec de la viande, beaucoup de viande, et les merveilleux sushis enroulés d’avocat. les étudiants et leurs manifestations qui n’ont malheureusement pas vu leur situation changer depuis ma dernière visite, et une impression très différente des problèmes sociaux : ici aussi il y a des problèmes de machisme, de discrimination, d’inégalité sociale et de corruption, mais comme j’arrive du brésil l’échelle ne paraît pas la même, on ne tombe pas aussi vite dans le superlatif. je ne sais pas si cette impression est fondée ou si c’est juste à cause du peu de temps que je passe ici. en attendant le pays se prépare déjà pour les festas patrias et on me fait un cours express de cueca après quelques terremotos, boisson traditionnelle de la fête faite de chicha (vin fort), fernet et glace d’ananas. 
VALPO
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“hommes au travail”
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pause dans un bistro typique pour manger une chorillana – frites, viande e oignons
7e6e7-img-20160816-wa0046“si la mer était de vin tout le monde serait marin”
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le jour où on lance un disque de électro-pop, on aura déjà la couverture du disque
la maison de pancho à viña, refuge parfait pour reposer les jambes après des longues balades et prendre des cafés en regardant les levers et couchers de soleil
ATACAMA
atacama : des reliefs qui partout témoignent du passage de l’eau dans le désert le plus aride du monde. l’eau des cascades qui glisse ses doigts dans la pierre en laissant des coulures verticales gravées depuis des milliers d’années. le climat est rude : la chaleur nous brûle le jour et et le froid nous glace la nuit, nos peaux se dessèchent et en enlevant un gant deux minutes à moins vingt degrés sur l’altiplano, j’attrape une brûlure de froid qui mettra dix jours à guérir. grâce aux différents tours on a la chance d’accompagner le soleil au lever ou au coucher tous les jours, à rester immobiles et regarder les couleurs danser sur la pierre. je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai assisté à un coucher de soleil pendant une heure, ou que j’ai pu voir autant d’étoiles. dans les parois il y a des dessins d’hommes en tailleur, de lamas et de renards. le poids du temps nous souffle dans le cou pendant qu’on traverse des centaines de kilomètres en regardant des ânes sauvages abandonnés là par des caravanes de marchands du siècle passé, des vicuñas jouant à se faire la guerre, essayant de tuer l’adversaire en mordant l’artère de la cuisse. on récolte des plantes de rica-rica, l’herbe à l’odeur mentholée qui guérit du froid. il y a un centre d’étude du ciel qu’un guide nous présente fièrement comme étant l’unique collaboration internationale de l’humanité, et notre petite tribu se rassemble comme des années auparavant à regarder danser des flammes la nuit. le silence du paysage me berce, après avoir couru de sao paulo à santiago je ne rêvais que de m’échapper de la ville, son béton, son oxygène sale et son vacarme. on se promène dans des montagnes multicolores où on nous chuchote des rumeurs sur le fait que les pyramides de tiwanaku ait été transporté des carrières jusqu’au site de construction par une onde sonore, puisqu’il n’y a aucun vestige de leur passage sur le sol. les tropiques qui traversent le monde en semant des pyramides incompréhensibles en égypte, au mexique, en bolivie… 
pendant le voyage, nasta a perdu trois fois son portable ou son portefeuille. et trois fois, on lui a ramené. merci la bonne étoile.

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