setembro – rio

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depois de um tempo de viagens, volto ao rio para me despedir da cidade e do brasil. é uma sensação familiar de saudades antecipadas nos encontros com os amigos, rolés pelos lugares que conheci/que como-é-possivel, ainda não conheci, de fazer malabares com os dias curtos mas nem tanto dum ultimo mês. vou cada dia abraçando o pôr do sol, os micos, as ondas do mar e as outras coisinhas daqui…

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…tipo a agua de coco, remêdio a toda dor e excelente acompanhante dos por-do-sois
pratos típicos do para : casquinha de siri e tacaca, feito com o jambu que deixa a lingua dormente
 “monsieur le chien! s’il vous plait ramassez votre crotte, et si vous n’y arrivez pas, demandez à votre animal de maître”
 érotisme dans l’ascenceur “bouton sensible, touchez doucement”

-demonstraçãozinha de esquerda frente a um publico indiferente na praça são salvador
– chorinho da gloria e a vista da multidão desde as escadas, onde sempre se escuta alguém comentando para os turistas que o caminhão de mudança que esta no fundo ta la toda semana e estraga as fotos
– lançamento dum livro de tecno-xamanismo na gloria, onde contam que os kalungas do brasil tem uma rede para trocar informações independente do internet, instaladas em pequenos baobabs.

forro da tiradentes (onde eu danço com 4 homens chamados philip)

mural perto do largo de guimarães – acordo em santa teresa depois de ter ido ver aquarius. antes de começar a projeção, em vez de nomes de patrocinadores, a tela anuncia “esse cinema esta protegido por santa teresa d’avila”

performance na cinelândia : um homem descalzo fica numa cadeira, imovel, esperando alguém sentar na cadeira vazia na sua frente. ao redor dele tem um mudo que da voltas a praça querendo animar as pessoas a ir sentar – e que provavelmente não formava parte da performance. são um casal fascinante, um escolhendo ser mudo e imovel, vestido sobriamente de preto, esperando passivamente alguém reagir a sua proposta, e o outro vestido de vermelho, gesticulando para transmitir as palavras que não pode dizer, convidando os turistas de abrir o seu terceiro olho e receber a luz divina.

vou ver uma exposição sobre o candomblé, aqui explicado por… um padre. oxumarê, lindo orixa que é mulher e homem ao mesmo tempo
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oto e sofia no leme

festa na casa do david, outra foto potencial de capa por se acaso montamos um dia uma banda eletro-pop

com julia estamos olhando roupas que vende uma menina argentina no aterro. numa saia tem uma etiqueta que tem uma mensagem manuscrita do outro lado do preço : julia faz uma cara de nojo e me passa para eu ler. “se nada dura para sempre, então seja o meu nada. por favor”. nos olhamos, e a menina se exclama : “mas é uma mensagem de amor! é fofo, é lindo!”. me faz pensar nessa moda insalubre de celebrar o seu amor  prendendo um cadeado nalguma ponte…

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gus me da uma aula basica de mecânica de bicicleta : ele esta se preparando para pedalar até patagônia

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luka me ensina o significado das cartas de tarô, para eu poder pintar um baralho inteiro
foi acolhida esse mês num apartamento maravilhoso
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com gatas absurdamente fotogenicas

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“ué! o quê que tem de tão interessante la?…. vou investigar”
descubro uns pigmentos que tinha esquecido num canto, para fazer pintura mural
a primeira a me convidar pra pintar na sua casa é a roberta, que mora em paqueta, numa casa encantadora na ilha encantadora que é o unico lugar que eu conheço que tenha um cemitério de pássaros. ela e o marido daniel pensaram em cada detalhe, e a casa tem cantos para coleções de pedras minerais, muros vegetais, lembranças da ilha de pasqua e lindas estatuas de bali guardando as entradas. aqui quém vigia a porta principal é uma réplica dum dos milhares de soldados do exercito desenterrados na china

passo o dia com meus hospedes, preparando o sushi caseiro mais gostoso que jamais vou comer na vida, maria amelia e gus, que segue conquistando todas as gatas do mundo

minha tartaruga esta quase boyando no mar
minha segunda hospede é a thais, e parece que não vou conseguir pisar numa unica casa que não tenha um gato

 

 

 

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o dia do flashday era tão frio e chuvoso que ninguém tava com vontade de trabalhar, nem os cariocas, nem eu. passamos uma linda manhã tomando cha e tocando musicas de dias de sol, até joão e nina bater na porta
joão
nina
vyvian – que me oferece ovos frescos
julia
carol

agosto – santiago, viña/valpo, san pedro de atacama

hola cordillera!

santiago est un étrange bond en arrière dans le temps : quatre ans plus tard, arpenter des rues que je ne pensais pas revoir, retrouver les mêmes guides, sentir dans mes os l’érosion du temps qui a fait tomber depuis longtemps la peau morte de la jeune fille verte, faisant ses premiers pas à l’autre bout du monde. l’aéroport m’évoque ma première arrivée, épuisée et pleurant toutes les larmes de mon corps, à baptiser cette terre nouvelle de toutes mes attentes, ma joie de voir mon rêve se réaliser, et la fin d’un cycle. un voyage est toujours comme un mirage sur l’horizon jusqu’au moment où on pose le pied sur la route, surpris avec soi-même, “est-ce que j’y vais vraiment?” les chiliens restent toujours aussi chaleureux et le brésil m’avait déshabituée à être complètement une étrangère, je retrouve comme la première fois les regards curieux des gens qui nous dévisagent partout. c’est drôle d’escorter cette fois ma soeur, comme une image fantôme de moi-même faisant sa première balade en amérique du sud, avec les difficultés pour comprendre le chilien, l’émerveillement d’un regard vierge devant des détails bucoliques. au cours des dernières années je n’ai passé que quelques jours avec mes compagnons de voyage, et j’ai du mal à croire à ma chance, de pouvoir laisser s’égrener trois semaines à flâner dans les rues, se raconter nos vies en partageant des délices typiques et d’innombrables bouteilles de vin… 

notre premier petit dej chez rodrigo, notre adorable host de couchsurfing

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santiago, ville des chiens errants : la dernière fois que je suis passée ici c’était l’été, j’ai donc perdu le spectacle des petits pulls chics que des bienfaiteurs aléatoires leurs tricotent pour les froides nuits dehors.
derrière la moneda des bandes de ciment cachent des impacts de balle qui datent du coup d’état – la dictature est toujours très près de la surface, elle ressurgit à chaque coin de rue, comme l’herbe qui pousse entre les craquelures du béton.
cerro san cristobal, où normalement la vue de santiago s’étend à des kilomètres à la ronde
nasta et josé prennent une photo qui servira de carte d’invitation, au cas où un jour ils perdent la raison et décident de se marier (“père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”)
petit déjeuner à la vega, énorme marché de verdures, viandes, graines, nourritures pour chiens, casseroles et bric à brac
stèles funéraires au museo precolombino

jotapé, roi du asado

“la pollution de l’air ici est tellement forte qu’il y a des jours où les cours de sport à l’école sont annulés, parce que l’air est trop mauvais pour les poumons des enfants. comme tout le monde fait toujours un barbecue pour les matchs du chili, le gouvernement a officiellement demandé au peuple de bien vouloir cuisiner leur viande au gaz, au four, n’importe quoi sauf avec du charbon.

– et donc vous l’avez fait?

– ça va pas la tête? ça a pas du tout le même goût la viande cuite autrement!”

des détails qui restent dans ma mémoire : des gens noirs dans la rue (certains chiliens me disant avec dégoût “ils sont partout”). des étiquettes noires sur tous les produits disant “haut en graisse” “haut en sucres”, et redécouvrir cette merveille de bon sens qu’est le colectivo – un espèce de taxi à trajet prédéfini coûtant moins cher qu’un bus. manger toujours avec de la viande, beaucoup de viande, et les merveilleux sushis enroulés d’avocat. les étudiants et leurs manifestations qui n’ont malheureusement pas vu leur situation changer depuis ma dernière visite, et une impression très différente des problèmes sociaux : ici aussi il y a des problèmes de machisme, de discrimination, d’inégalité sociale et de corruption, mais comme j’arrive du brésil l’échelle ne paraît pas la même, on ne tombe pas aussi vite dans le superlatif. je ne sais pas si cette impression est fondée ou si c’est juste à cause du peu de temps que je passe ici. en attendant le pays se prépare déjà pour les festas patrias et on me fait un cours express de cueca après quelques terremotos, boisson traditionnelle de la fête faite de chicha (vin fort), fernet et glace d’ananas. 
VALPO
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“hommes au travail”
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pause dans un bistro typique pour manger une chorillana – frites, viande e oignons
7e6e7-img-20160816-wa0046“si la mer était de vin tout le monde serait marin”
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le jour où on lance un disque de électro-pop, on aura déjà la couverture du disque
la maison de pancho à viña, refuge parfait pour reposer les jambes après des longues balades et prendre des cafés en regardant les levers et couchers de soleil
ATACAMA
atacama : des reliefs qui partout témoignent du passage de l’eau dans le désert le plus aride du monde. l’eau des cascades qui glisse ses doigts dans la pierre en laissant des coulures verticales gravées depuis des milliers d’années. le climat est rude : la chaleur nous brûle le jour et et le froid nous glace la nuit, nos peaux se dessèchent et en enlevant un gant deux minutes à moins vingt degrés sur l’altiplano, j’attrape une brûlure de froid qui mettra dix jours à guérir. grâce aux différents tours on a la chance d’accompagner le soleil au lever ou au coucher tous les jours, à rester immobiles et regarder les couleurs danser sur la pierre. je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai assisté à un coucher de soleil pendant une heure, ou que j’ai pu voir autant d’étoiles. dans les parois il y a des dessins d’hommes en tailleur, de lamas et de renards. le poids du temps nous souffle dans le cou pendant qu’on traverse des centaines de kilomètres en regardant des ânes sauvages abandonnés là par des caravanes de marchands du siècle passé, des vicuñas jouant à se faire la guerre, essayant de tuer l’adversaire en mordant l’artère de la cuisse. on récolte des plantes de rica-rica, l’herbe à l’odeur mentholée qui guérit du froid. il y a un centre d’étude du ciel qu’un guide nous présente fièrement comme étant l’unique collaboration internationale de l’humanité, et notre petite tribu se rassemble comme des années auparavant à regarder danser des flammes la nuit. le silence du paysage me berce, après avoir couru de sao paulo à santiago je ne rêvais que de m’échapper de la ville, son béton, son oxygène sale et son vacarme. on se promène dans des montagnes multicolores où on nous chuchote des rumeurs sur le fait que les pyramides de tiwanaku ait été transporté des carrières jusqu’au site de construction par une onde sonore, puisqu’il n’y a aucun vestige de leur passage sur le sol. les tropiques qui traversent le monde en semant des pyramides incompréhensibles en égypte, au mexique, en bolivie… 
pendant le voyage, nasta a perdu trois fois son portable ou son portefeuille. et trois fois, on lui a ramené. merci la bonne étoile.

agosto sao paulo

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convençao de são paulo com raphael e diego sanches e pedro faria
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20160723_152415os dois irmaos tatuando lado a lado
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pedro
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felu visitou paris, e a primeira vez que deu de cara com a torre eiffel, ficou chorando, chorando, chorando.

não é a primeira vez que participo duma convenção de tatuagem mas me deixa um tanto decepcionada pela sua agressividade, na estrutura, na recepção dos artistas, o formato de feira popular que não me parece valorizar o nosso trabalho nem a facilitar a interação com o publico.  jà começamos a sonhar com uma convenção que iriamos ter honra em participar : uma que so teria trabalhos autorais, se reunindo para abrir com um shiatsu para tudo mundo focar e esquentar o corpo. musica meditativa, comida orgânica, e tudo mundo pelado para ver as obras prontas sem se complicar com as elaboradas roupas-com-burraco que vejo em todas convenções. nada de competição, nada dessas horrorosas competições de miss tattoo.

perder uma ocasião de nos encontrar e tatuar com a luz? jamas!
nos quedamos no lindo apartamento de drica. frente a este cemitério, me despido do meu tio pierrot.
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mais agulhas, agulhas novas : minha primeira sessão de acupuntura
pantera, ou como ter o seu animal de poder no seu apartamento

 

perguntas para se apaixonar por qualquer um : terapia de grupo intensiva de cinco horas para completar tudo.
sorprendemos o nosso amigo rogério levando mais uma femia querendo aprender a fazer maquina de tatuar no seu ateliê. é uma peregrinagem que esquenta o coração, de ver que ele ainda gosta tanto de nos receber e nos transmitir os seus aprendizados quanto nos ficamos de entrar mais uma vez no abraço da sua linda familia.

20160725_124520maquina caseira de fazer bobinas


desvirginisação :  agora que ela fez a sua maquina, sophie faz a sua primeira tatuagem, um desses ferrinhos lindos que ela pinta nos muros da cidade, com inscrito neles a genial propaganda feminista “iron man”

a casa de mabbom e lili é um paraiso de colecionador geek maluco, com a pele do mabbom e as paredes da casa cheias de marios, de beavis and butthead, de star wars e mil outros simpsons, pugs, e zombis nos muros de vynils, de dvds e pôsters. eles colecionan também artistas no sofa e no colchão inflavel, raphael o tatuador e hoton o fotografo acampam na sala, e produzem um grande rodizio de tatuagens, photoshoots e jogos de videogames sem fim. no canto onde tatuo lili tem também uma parede de material para encadernação, a ùnica coisa que parece escapar a febre fertil de colecionador são as plantas, numerosas mas sempre mortas.

fotos de mabbom


tirei uma foto porque sei que em dois meses, não vou acreditar mais que aconteceu de verdade : mabbom, que começou a ter barba com doze anos, foi se afeitar a perna e em 2min, tinha 2mm de pelo crecido de novo. boa tarde, wolverine.

bairro chinês de liberdade : comemos sushis e fazemos compras entusiastas de tiger balm, oleos e roupas baratas, entre gente que detesta sair de compras
chego em territorio cubano, na casa de demis e alicia

que tem um quintal maravilhoso onde passamos a maior parte dos dias, por mais que esta frio. demis me conta o transito dos passaros que vem fazer fila para tomar banho, os mais gordinhos que se arriscam a vir dar uma olhada dentro de casa – e o apetito das formigas que comeram alegremente todas as ervas aromâticas que ele tentou plantar

“uma mão na cabeça!”
“aos amores que não vivemos, e aos que ainda estamos por viver”
uma fogueira sem fogo, deixada a pegar umidade para o almoço das minhocas e o jantar dos passarinhos
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alicia e maira estão criando uma coleção infantil especial para os jogos olimpicos, para ir vender aos turistas em paraty : camisetas com partes que se meixem para fazer entrar a bola no gol, o bondinho do pão de azucar… é fofo demais. quando maira me confessa que ela queria se tatuar uma lontra nas alguas e que eu mostro para ela que desenhei exatamente isso, ela quase caiou da sua cadeira. escuto ela negociar no telefone com o seu filho de dez anos o horario de volta para casa e ela me conta enquanto escutamos caetano cantar “i’m alive” que é a canção que estava tocando quando ela escapou por milagre ser esmagada por um caminhão.
cada ano vivimos paralelos extranhos quando nos cruzamos com alicia… esse ano chegamos a fazer frutificar esse desenho de “20 dias” que pendurei no seu quarto e não se mexeu desde então, as duas estamos trabalhando com o talento que nos faz vibrar e enterramos um tio/uma tia a poucos dias de diferencia…
mabbom
 lili
luz
bruno

maiara

alicia

junho-julho botafogo

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superbe cadeau de conclusion de crowdfunding : une fleur sans racine, vivant d’amour et éventuellement de trois gouttes d’eau fraîche

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découpe des enveloppes pour le tarot
création artésanale d’enveloppes anti-chocs
la place são salvador, que je connais de nuit habitée par des artistes de cirque, occupée par le samba du troisième âge du dimanche
peña cultural : un évènement occasionnel qui ouvre une petite scène à des musiciens présentant leurs compositions. ici cintia luando
shortcutz, petit festival de court-métrages. ici avec l’équipe du super documentaire pele de passarinho, qui suit le rythme de vie effrené d’une passista

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bloco dans la barque de paqueta – le carnaval est passé, mais heureusement il y a les festas juninas pour continuer la fête comme si de rien n’était

jazz à la place tiradentes – j’y était passée une fois, il y a deux mois, et j’y ai fait ce petit croquis. j’y retourne un soir et quelqu’un dans la foule s’assoit à côté de moi et s’exclame “et quoi! pas de dessin aujourd’hui?”

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 mikes haus, petit bar hype de santa teresa avec de la musique live et des apfelstrudel

“tu ne peux pas partir de rio sans aller à ilha grande”. bon, okay, je confirme.

samba na pedra do sal

war, le jeu qui déchire couples et amitiés sacrées avec des petits pions


encore un demenagement!

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mille fois merci internet, je peux assister en direct au défilé de fin d’année de l’école de mode de ma soeur
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teka
 philip

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julia

natalia
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leidiane
thais
mariana
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roberta
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nina a maluca

maio – botafogo

on est pas bien là, détendus du gland?

 

une française me tombe dans les bras, en provenance de l’hiver glacial de milwaukee : l’arrivée de claire me donne l’occasion de faire des tours dans des coins inexplorés de rio, de faire la touriste en mangeant des fruits étranges – jatoba, pitaia, cupuaçu, cacao, fruta do conde.

passages obligés du rio tourist tour : escadaria selaron – lapa
samba entre une bande d’amis particulièrement ivres sur la plage de urca
alessandro nous emmène boire de la cachaça de vipère et danser du forro à la feira de sao cristovao, vaste bordel ou on trouve entre autres mille spécialités culinaires du nordeste, des six pistes de forro aux photos avec des costumes pourris de cangaceiros à des excellents restaurants et vendeurs de souvenirs en cuir, de petits poèmes illustrés appelés cordel et des statues du padre cicéro
un petit crabe en train de présenter son meilleur profil
“attention danger de mort”, difficile de résister à une photo stupide

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 picnic à paqueta

“o rio é pronto. e você?” (rio est prêt, et toi?) pub très ironique parmi les nombreuses divulgations qui commencent déjà à envahir la ville à l’arrivée des jeux olympiques, et que la ville est loin d’être prête : on est tout juste en train de construire le stade et d’envahir les plages de leme et copacabana avec des énormes structures pour recevoir les évènements et étrangers
  la folle vie d’artiste : claire profite du froid glacial pour monter un film pendant que j’imprime des photos de mon travail
mon stand avec claire l’assistante pendant la fête manie dansante 
pendant la fête je tatoue oto…

…et une sirène sur un garçon dont je ne me souviens plus le nom. je suis assez interloquée par l’attitude du public de la fête, qui est pris par des désirs subits de se tatouer immédiatement n’importe quelle bêtise, juste parce que je suis là et qu’ils ont bu deux bières. je leur fais la faveur de les protéger d’eux-mêmes et je range vite mes aiguilles…
marché d’éditeurs au parque lage : j’achète un petit livre fabuleux qui s’appelle “comment tomber amoureux de n’importe qui en 36 questions”, qui est beaucoup plus profond que le titre irait laisser penser. je pourrais écrire plusieurs pages sur ce livre mais je vais plutôt laisser le lien vers une vidéo intéressante sur le sujet ici

on fait le tour du parque lage en imaginant les ravages que des étudiants parisiens feraient dans cet espace vert incroyable qui ici n’attire que quelques modèles venus faire des photos devant la fontaine : les petits couples dans les buissons, les musiciens et les picnics sur la pelouse, les dessins des plantes et des singes et les fêtes. entre deux jus de fruits elle me parle de son expérience à passer très près, trop près des attentats à paris et d’être expédiée immédiatement à l’autre bout du monde, le nez dans cette sympathie superficielle et transparente des américains. elle me raconte l’infantilisation étrange de la jeunesse mais sa grande tolérance, une collègue qui vit avec une dent de sagesse lui déformant douloureusement la mâchoire parce qu’il n’y a pas assez d’argent pour aller chez le dentiste. nuit debout à paris et les flics qui cassent la gueule aux gens place de la république. je l’emmène à l’occupation du minc, le ministère de la culture récemment fermé où jouent des musiciens depuis plusieurs semaines en signe de protestation. je ne peux pas m’empêcher d’être déçue par la taille des foules aux rassemblements politiques depuis le coup de l’état, quand je connais la taille qu’elle atteint pendant le carnaval.

à l’odéon il y a la première projection du film de marina abramovic “o espaço além”, et je me retrouve à essayer de mémoriser et traduire du portugais le dialogue intense entre le réalisateur, ses invités et un public ému par la puissance et du film et le rappel des sources spirituelles infinies de leur terre. par l’évidence que pour découvrir les richesses du familier, il faut les regarder par les yeux de quelqu’un qui vient d’ailleurs. les récits du réalisateur, qui nous évoquent les années chaotiques de tournage, me font repenser à mes propres expériences au documentaire punk improvisé, les heures à écouter des récits d’étrangers qui pleurent devant la caméra en nous confiant les pépites amères de leur vie. tous les moments qui n’ont pas été filmés aussi, ce rôle étrange de confesseur-messie qui se dégage d’un regard droit dans les yeux et tout le temps du monde pour qui veut parler ou rester en silence. marina parle de cette expérience avec ses arts de la performance : le vrai temps, la présence physique, et au milieu de cette parenthèse, cet océan de larmes.
à une cérémonie de umbanda grouillante de monde, où quarante personnes incorporent simultanément, un exu qui rigole me donne une clope pour méditer sur la bande originale qui tourne dans ma tête, should i stay or should i go. un autre français qui nous accompagne ressort encore plus interloqué que d’habitude, et la fumée qui me lève le coeur me fait tourner les yeux vers des horizons plus lointains : je décide de plaquer le brésil pour aller faire un tour en nouvelle zélande.
pendant un évènement de makers (nom cool et hype donné à des inventeurs de tous poils)  j’avais parlé de notre projet de van à dado, qui a déjà vécu dans une maison à roulettes et m’a invitée à passer à ohms, une antre de câbles et boites à trucs pour discuter modèles, suspensions et tentes montables sur jeeps
 “la mémoire guerrière ne s’éteint jamais”
je commence à faire les récompenses du crowdfunding

première session – mariana
ana

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un mois entier passé sur cette chaise.
on m’avait déjà dit que le crowdfunding allait être une épreuve, mais je ne m’attendais ni à ses difficultés, ni aux fruits qu’il m’a apporté. on avait beau me prévenir que le travail était intense, la tache d’écrire à plus de trois cents contacts en quatre langues, de répondre à leurs questions, de régler les mille petits problèmes, d’apporter des modifications à la page et de produire de nouvelles vidéos, de nouveaux dessins, d’envoyer le tout à mille blogs, sites, les quelques cinq heures de communication sur un internet bancal pendant trente jours sont une sacré performance… mais les retours sont aussi très inattendus. en faisant un plan avant de commencer avec l’aide de felipe, on avait estimé que j’avais besoin de l’aide de 80 personnes pour réussir. le chiffre paraissait énorme. mais à ma grande surprise, des presques inconnus ont rapidement répondu à mon premier message avec des contributions enthousiastes, des messages d’encouragement, des poignées de mains virtuelles. face aux bugs du site pour payer, des petits billets ont fait de nombreux kilomètres, glissés dans des mains de voisins, pour arriver jusqu’à ma tirelire, des gens avec qui j’ai conversé un jour, une heure, il y a bien longtemps, ont fait des allers-retours jusqu’à des lointaines banques étrangères pour faire accepter des reçus compliqués. des gens que je ne connais pas ont partagé la campagne avec leurs proches, des gens que je connais ont rivalisé de tendresse en composant des textes émouvants, pleins d’élans d’amour que je ne suspectais pas aussi publiables. j’ai repris contact avec de nombreuses personnes qui ont resurgit de mon passé pour me prêter main forte et me lancer un clin d’oeil fraternel, des timides ont remué ciel et terre pour joindre d’autres amis à ma cause.
le “paquet de l’amour”, paquet incluant plusieurs des récompenses proposées

videos?

“merci!” j’atteins l’objectif dix jours avant la fin de la campagne
les “objectifs étendus”, donc où irait l’argent de plus rentrant grâce aux dons suivants : meubler et louer mon propre studio de tatouage.
countdown des derniers jours de la campagne

 

pendant ce temps…
picnics à lagoa
je passe de nombreux dimanches face à un des couchers de soleil les plus hypnotisants de la ville, loin des bruyantes allez et venues des camelos de la plage

samba au bip bip, petit bar culte où se réunissent quelques copains pour jouer dans un bistrot assez grande pour les accommoder eux et pas une chaise de plus. la musique est sympa mais accompagnée par une nuée permanente de touristes et de cariocas pêcheurs de blondes anglophones

vous pensez pouvoir échapper à la culture française? vous n’y arriverez pas. jamais.
 
mission peinture : après quelques heures de travaux intensifs le patio devient mon studio provisoire

tatouer un colibri en regardant des colibris : la classe
 
howard
oráculo project tagge des petits messages d’amour dans la ville
les kung-fu pandas vont s’enterrer trois jours à faire des barbecues au bord de la piscine à pétropolis : c’est l’anniversaire de notre maître et ce n’est pas pour rien que sur nos uniformes de la famille hung, il y a écrit famille. il y a beaucoup de bières et des performances loufoques de sauts dans la piscine, mais aussi quelques discours, des toasts à nos morts et nos aimés absents, des larmes, des questions existentielles sous les étoiles en attendant des pluies de météorites.
le groupe mos, que je croise près de chez moi…
… et quelques jours plus tard à un mini festival de fanzines, la feira fantasma

la feira : dans une magnifique mansion semi-en ruines cette petite fête est à mi-chemin entre le bric-à-brac de brocanteurs, vendant des vieilles photos de congrès japonais, mais aussi des aquarelles, des fanzines sur toiles, des cahiers faits main, des vêtements…
mon petit stand avec des modèles de tatouage

la jolie luz fait un petit saut à rio

le silence avant le début du tatouage…

 

ju, la maîtresse de maison, fait des tirages de cartes avant chaque tatouage

il y a notre rêve en commun garé en bas de chez moi : un van-maison, où il y a écrit “je ne suis pas pressé, parce que je suis chez moi”

séminaire de design thinking
séminaire sur la méthode de travail collaboratif “dragon dreaming”

ma voisine ivana parle de son travail au sein de l’incubateur d’entreprises créatives rio criativo

au milieu des nuages gris de la politique mouvementée – le coup d’état est passé, dilma est jetée dehors – je me réfugie avec les gens qui travaillent d’arrache-pied pour construire dès aujourd’hui un monde meilleur. j’assiste aux conférences de la rio criativo, qui avait été créée dans l’idée qu’il fallait investir dans une énergie renouvelable qui profite à tous, donc l’énergie de la créativité, et qui accompagne des boîtes avec de l’aide financière et une armée de contacts pour les aider à se développer. le projet n’existe que depuis quelques années mais déjà les entreprises incubées ont toutes décuplé leurs chiffres d’affaire, et certaines comme la junta local sont déjà devenues des points de références du paysage culturel et gastronomique de la ville. ces conférences gratuites mensuelles ont des contenus divers orientés vers les entrepreneurs, en mariant un contenu pratique de développement des idées à la conscience de la chaîne de production et l’impact social et environnemental.
le public très varié repart satisfait, insufflé d’une nouvelle énergie, une nouvelle confiance dans ses projets.


joyeux anniversaire nous (toujours étrange de fêter son anniversaire seule quand on a une jumelle)